Balavariani – L’homme et le rossignol

Un homme qui avait pris un rossignol s’apprêtait à le tuer. L’oiseau lui dit : « Pourquoi veux-tu me tuer, car il n’y a guère en moi de quoi te rassasier ! Si tu me relâches, je t’enseignerai trois préceptes ; et si tu les gardes, tu vivras et je t’aurai été utile. » L’homme voulut bien l’écouter et le relâcha.

L’oiseau se percha sur la branche d’un arbre et lui dit : « N’aspire pas à l’inaccessible, ne regrette pas le passé, ne fais pas à autrui le mal que tu ne voudrais pas pour toi-même, et tu vivras. »

Mais l’oiseau voulut mettre l’homme à l’épreuve pour voir comment il garderait les préceptes. Il lui dit encore : « Bonhomme, si seulement tu avais été mieux avisé et si tu m’avais tué ! J’ai dans le gosier une perle grosse comme un œuf d’autruche. Tu l’aurais prise, et quel gain c’eût été pour toi ! »

Dès que l’homme entendit cela, il se mit à avoir des regrets, voulut rattraper l’oiseau et le tuer. Il lui dit : « Je n’ai d’autre récompense à t’offrir pour m’avoir enseigné ces préceptes, que de t’inviter maintenant à venir chez moi, car cet hiver est rude et je m’occuperai bien de toi pour que tu te reposes, puis je te relâcherai. »

Le rossignol lui répondit : « Il n’a servi à rien de t’enseigner mes préceptes. Car tu viens de les enfreindre tous les trois à l’instant même ! Tu m’as relâché : c’est du passé et tu le regrettes ! Me rattraper est inaccessible, et tu y aspires ! Tu ne souhaites pas ta propre mort, mais tu veux me tuer ! J’avais juste voulu te mettre à l’épreuve pour voir comment tu garderais les préceptes. Mais comment peux-tu croire qu’il y ait dans mon gosier une perle grosse comme un œuf d’autruche, alors que, toutes plumes comprises, je ne fais même pas le tiers de ce volume ! »

Ainsi donc, fils du roi, si tu instruis des hommes insensés, ils ne te croient même pas, et, transgressant les commandements de Dieu, ils en établissent d’autres, inventés par eux-mêmes. En effet, ils ont fabriqué de leurs mains des idoles et ils les vénèrent comme des dieux en disant : « Ce sont elles qui nous délivrent du mal. » Ils dépensent pour elles leur fortune, car des démons y sont installés. Ils croient en elles et refusent de comprendre qu’il n’y a qu’un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, avec notre Seigneur Jésus-Christ et l’Esprit saint, qui procède du Père.

Lui seul est créateur et tout le reste est créature,
Lui seul est éternel et tout le reste est temporel,
Lui seul est fort et tout le reste est faible,
Lui seul est le Très-Haut et tout le reste est bas.
Tout a été fait par lui et sans lui rien n’a été fait.