Il est un être florissant, ce vénérable-ci [le défunt],
car parfait est son destin, et parfaite sa fin !
Une génération s’en va et une autre demeure,
depuis le temps des anciens.
Mais les dieux ayant existé jadis
qui reposent dans leurs pyramides,
les dignitaires momifiés, les esprits (akhou), de même,
qui sont ensevelis dans leurs pyramides,
et les bâtisseurs de chapelles (eux-mêmes), leurs tombeaux ne sont plus :
qu’en est-il de leur culte ?
J’ai entendu les paroles d’Imhotep et de Hordjédef
dont on ne cesse de réciter les propos.
Mais qu’en est-il de leurs tombeaux ?
Leurs murs se sont écroulés, leurs tombeaux ne sont plus,
comme si elles n’avaient jamais existé !
Nul ne revient de là pour conter leur nature,
pour conter leur état et combler notre attente,
jusqu’à ce que nous soyons parvenus (nous-mêmes)
à l’endroit où ils sont partis !
Tu dois te rassurer là-dessus, car l’oublier t’est utile,
suis ton désir tant que tu existes !
Mets de la myrrhe sur ta tête, drape-toi donc de lin fin,
oins-toi des merveilles véritables des rites divins !
Ajoute à ta félicité,
ne laisse pas s’alanguir ton désir,
suis ton désir ainsi que ta félicité
et jouis de tes biens sur terre !
N’épuise pas ton désir
jusqu’à ce que soit venu pour toi ce fameux jour des cris (funèbres) !
Le dieu au cœur tranquille [Osiris] n’entend guère leurs cris,
et leurs lamentations ne sauvent personne de l’Iméhet [l’au-delà] !
Passe un jour heureux, sans te lasser !
Vois, il n’est permis à personne d’emporter avec lui ses biens,
Vois, nul n’est revenu après s’en être allé !
Source : Le chant d'Antef, Papyrus Harris 500


