| Crescent illae, crescetis amores [Virgile] | Deux cœurs s’unissent |
| Felix insitio, qua ramun ramus adoptat, Arbore de duplici fiat ve una, facit : Atque Amor e geminis concinnat amantibus unum Velle duobus idem ; nolle duobus idem. | Deux arbres l’ente joint d’une ferme alliance ; Deux âmes joint l’Amour d’un nœud de diamant Et fait qu’en un corps double et la Dame, et l’amant, N’ont qu’un cœur, qu’un vouloir, qu’une commune chance. |
| Amantis veri cor, ut speculum splendidum [Plutarque] | Pur et net |
| Ut purum, nitidum, haud fallens speculum decet esse ; Sic verus quoque sit, non simulatus Amor ; Verum candidus, et qui animum fert fronte in aperta. Conveniunt dolus, et fucus, Amorque male. | Comme le miroir rend la face qui se mire Toute telle qu’ elle est : de même doit l’amant Se montrer au dehors, comme au cœur il se sent : Il faut que le penser soit conforme à son dire. |
| Amantibus omnia communia [Tacite] | Tout commun |
| Ne se mulier extra virtutum cogitationes extraque ; bellorum casus putet, ipsis incipientis matrimonii auspiciis admonetur, venire se laborum periculorumque ; sociam, idem in pace, idem in praelio passuram, ausuramque. | Fortune en un hanap pour les deux Amants verse Son miel, avec son fiel, si l’un a du hasard, Et le vent à souhait, l’autre en a bien sa part : Aussi sentent tous deux le coup que l’un renverse. |
| Duo simul viventes ad intelligendum et agendum plus valent quam unus [Aristote] | L’une main gratte l’autre |
| Caeci humeris gestatur Amor pede claudus utroque: Mutuat hic oculos, commodat ille pedes. Candido amore nihil maius, nil dulcis, atque Uberius, magis ac auxiliare nihil. | Les jambes au boiteux le pauvre aveugle prête, L’estropié lui rend la conduite de ses yeux, Le secours mutuel fait aux cœurs amoureux Plus sûrs passer la vie, à tout malheur soumise. |
| Nihil tam durumet ferreum, quod non amoris telis perfringatur [Tibulle] | Amour passe tout |
| Defendit Parthi celeres lorica sagittas, Ferreus umbo aciem ferri inhibere valet ; At nihil a telis pharetrati munit Amoris ; Quem ferit hic volucri cuspide, transadigit. | Ni le fer, ni l’acier, ni leur trempe n’empêchent Au petit archet la raideur de son dard, Qu’il ne passe aisément les cœurs de part en part. Tout ce qu’au monde vit, doit céder à sa flèche. |
| Qui binos insectatur lepores, neutrum capit | Qui trop embrasse, peu étreint |
| Unum age: nam geminos simul insectatur eodem Tempore qui lepores, saepe et utroque caret. Cautus amans unam tantum venatur amicam ; Nam spem multivolus ludificatur amor. | Qui deux lièvres poursuit à moitié de chasse Fera faute à tous deux, ainsi qui fait l’amour À deux dames en même temps, l’une, et l’autre à son tour Le repousseront à droit, de tout ce qu’il pourchasse. |
| Omnis amatorem decuit color | Selon que veut Madame |
| Quod cupis, id cupio ; quod spernis, sperno : tuumque Velle meum velle est, nolleque nolle meum. Te propter varios, ut Proteus, induo vultus, Inque modum chamae, crede, leontis ago. | Comme un caméléon le teint de sa peau change, Selon l’objet divers, paraissant toujours tel : Ainsi faut qu’un amant forçant son naturel, Au muable vouloir de sa Dame se range. |
| Gratum amanti iugum | Le joug pour la liberté |
| Si mihi servitium video, dominamque paratam, Iam mihi libertas illa paterna vale. Libertas quoniam nulli iam restat amanti, Nullus liber erit, si quis amare volet. | Cupidon le chapeau de liberté supprime, Et dresse bien haut le joug, pour ses serfs écraser : Celui qui sert l’Amour, libre on ne peut nommer, Ores que bien heureux bien souvent il s’estime. |
Source : Otto Vaenius - Amorum emblemata (1608)


