Poésie

Leconte de Lisle – Le rêve du jaguar

Sous les noirs acajous, les lianes en fleur, dans l’air lourd, immobile et saturé de mouches, pendent, et, s’enroulant en bas parmi les souches, bercent le perroquet splendide et querelleur, l’araignée au dos jaune et les singes farouches. C’est là que le tueur de bœufs et de chevaux, le long des vieux troncs morts à l’écorce moussue, sinistre et fatigué, revient à pas égaux…

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L’Edda poétique – Hávamál

A besoin de sagacité celui qui voyage au loin ; chez soi, tout est facile. Il sera tourné en dérision le bon à rien qui parmi les sages s'assoit. De sa sagesse on ne devrait pas se vanter, mais être sur ses gardes : quand on est sage et taciturne, on revient chez soi, rarement malheur advient au sage car on ne trouve jamais ami plus constant qu'une grande intelligence…

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Leconte de Lisle – Paysage polaire

Un monde mort, immense écume de la mer, gouffre d’ombre stérile et de lueurs spectrales, jets de pics convulsifs étirés en spirales qui vont éperdument dans le brouillard amer. Un ciel rugueux roulant par blocs, un âpre enfer où passent à plein vol les clameurs sépulcrales, les rires, les sanglots, les cris aigus, les râles qu’un vent sinistre arrache à son clairon de fer. Sur les…

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Jules Barbey d’Aurevilly – La Haine du Soleil

Un soir, j’étais debout, auprès d’une fenêtre… Contre la vitre en feu j’avais mon front songeur, Et je voyais, là-bas, lentement disparaître Un soleil embrumé qui mourait sans splendeur ! C’était un vieux soleil des derniers soirs d’automne, Globe d’un rouge épais, de chaleur épuisé, Qui ne faisait baisser le regard à personne, Et qu’un aigle aurait méprisé ! Alors, je me disais, en une joie amère…

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