Poésie

Jacques Delille – L’Homme des champs

Ô vous qui dans les champs prétendez vivre heureux, n’offrez qu’un encens pur aux déités champêtres. Héritier corrompu de ses simples ancêtres, ce riche qui, d’avance usant tous ses plaisirs, ainsi que son argent tourmente ses désirs, s’écrie à son lever : « Que la ville m’ennuie ! Volons aux champs ; c’est là qu’on jouit de la vie, qu’on est heureux. » Il part, vole, arrive…

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1214 – Bouvines

Les blés sont mûrs, l’épi sur l’or des tiges sonne et s’entr’ouvre au soleil : Flandre, donc qu’on moissonne, et qu’on ne laisse pas tant de riches trésors, quand les vivants ont faim, s’épandre pour les morts. Les blés sont mûrs : allons, rassemblez vos familles, préparez les liens, aiguisez les faucilles. Diligents laboureurs, vite, vite, en chemin : le sage remet-il son travail à demain ?

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Poésie de Bretagne

Saint-Malo, que crains-tu des cités maritimes ? Pas même Brest avec ses vastes arsenaux. Sous ton dais débrouillards, le front ceint de créneaux, Le pied sur l’Océan, tu règnes, et les eaux Courbent autour de toi leurs écumantes cimes ! À peine adolescents, tous tes fils sont marins ; Vrais alcyons des mers, le long de ton rivage Ils ont leurs nids bâtis en face de…

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Auguste Barbier – Iambes et Poèmes

Ô maître, bien que je sois pâle, bien qu’usé par de longs travaux mon front vieillisse, et mon corps mâle ait besoin d’un peu de repos ; cependant, pour un fort salaire, pour avoir plus d’ale et de bœuf, pour revêtir un habit neuf, il n’est rien que je n’ose faire : vainement la consomption, la fièvre et son ardent poison, lancent sur ma tête affaiblie les cent spectres de la folie…

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Guyau – Illusion Féconde

J’apercevais de loin l’enfant : elle était rose de plaisir, attentive et berçant quelque chose dans ses bras arrondis d’un geste maternel. Sa main se faisait douce en y touchant ; courbée, et dans son jeu muet tout entière absorbée, elle ne voyait rien : je parlai, mon appel ne la fit pas sortir de sa pose de mère. Elle me regarda d’un air très sérieux, leva…

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Nerval – Résignation

Quand les feux du soleil inondent la nature, quand tout brille à mes yeux et de vie et d’amour, si je vois une fleur qui s’ouvre, fraîche et pure, aux rayons d’un beau jour ; Si des troupeaux joyeux bondissent dans la plaine, si l’oiseau chante au bois où je vais m’égarer, je suis triste et de deuil me sens l’âme si pleine que je voudrais…

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