Huysmans – L’idée est aussi réelle que la chose

C’était la « Bodéga ». Des Esseintes s’égara dans une grande salle qui s’allongeait, en couloir, soutenue par des piliers de fonte, bardée, de chaque côté de ses murs, de hautes futailles posées tout debout sur des chantiers. Cerclées de fer, la panse garnie de créneaux de bois simulant un ratelier de pipes dans les crans duquel pendaient des verres…

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Le centurion Cornelius – Le premier païen converti

Il y avait à Césarée un homme nommé Corneille, centenier dans la cohorte dite italienne. Cet homme était pieux et craignait Dieu, avec toute sa maison ; il faisait beaucoup d’aumônes au peuple, et priait Dieu continuellement. Vers la neuvième heure du jour, il vit clairement dans une vision un ange de Dieu qui entra chez lui, et qui lui dit : Corneille ! Les regards…

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Leconte de Lisle – Le rêve du jaguar

Sous les noirs acajous, les lianes en fleur, dans l’air lourd, immobile et saturé de mouches, pendent, et, s’enroulant en bas parmi les souches, bercent le perroquet splendide et querelleur, l’araignée au dos jaune et les singes farouches. C’est là que le tueur de bœufs et de chevaux, le long des vieux troncs morts à l’écorce moussue, sinistre et fatigué, revient à pas égaux…

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L’Edda poétique – Hávamál

A besoin de sagacité celui qui voyage au loin ; chez soi, tout est facile. Il sera tourné en dérision le bon à rien qui parmi les sages s'assoit. De sa sagesse on ne devrait pas se vanter, mais être sur ses gardes : quand on est sage et taciturne, on revient chez soi, rarement malheur advient au sage car on ne trouve jamais ami plus constant qu'une grande intelligence…

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Leconte de Lisle – Paysage polaire

Un monde mort, immense écume de la mer, gouffre d’ombre stérile et de lueurs spectrales, jets de pics convulsifs étirés en spirales qui vont éperdument dans le brouillard amer. Un ciel rugueux roulant par blocs, un âpre enfer où passent à plein vol les clameurs sépulcrales, les rires, les sanglots, les cris aigus, les râles qu’un vent sinistre arrache à son clairon de fer. Sur les…

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Kant – Vertu et devoir

La vertu est la force morale dans la fidélité à son devoir, force qui ne devient jamais une habitude, mais doit toujours jaillir, entièrement neuve et originaire, de la manière de penser. L’idée même de la vertu implique qu’elle doit être acquise (qu’elle n’est point innée), et il n’y a pas besoin, pour s’en assurer, d’invoquer la connaissance anthropologique…

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Léon Tolstoï – Les joies du mariage

Avant mon mariage je vivais comme vivent tous les jeunes gens de notre milieu. Je suis propriétaire ; j’ai fait mes études universitaires, et j’ai été maréchal de la noblesse. J’ai vécu avant mon mariage comme ils vivent tous, c’est-à-dire dans la débauche, et, vivant de cette façon, j’étais convaincu, comme tous les hommes de notre classe, que ma vie…

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